RDC-Blocage dans la désignation du Président de la CENI : La CENCO et l’ECC font des propositions réalistes en attendant et chargent le tandem Dodo Kamba d’en être à la base 


07 octobre 2021

Les confessions religieuses ; la Commission Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) de l’église catholique ; et l’Eglise du Christ au Congo (ECC) de l’église protestante, ont fait le compte rendu général des travaux antérieurs confiés par le Bureau de l’Assemblée nationale à travers son Président Christophe Mboso, pour désigner le prochain Président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) et un membre de la plénière de cet organe d’organisation des élections en République Démocratique du Congo, qui se sont soldés à un échec cuisant après 3 tentatives. La CENCO et l’ECC ont, dans une déclaration conjointe au cours d’une conférence de presse tenue à Kinshasa jeudi 7 octobre 2021, fait quelques recommandations et propositions concrètes à l’égard des institutions habiletées dans le processus électoral en RDC, notamment au Président de la République et le Parlement.

« En entendant la mise en place du Bureau de la CENI, pour éviter un quelconque retard dans le processus électoral, au nom du principe de continuité des Institutions, il serait indiqué que l’administration électorale en place, s’occupe des préparatifs techniques, en vue de faciliter le travail à la nouvelle équipe. Nous demandons aux honorables Députés nationaux, Sénateurs d’être attentifs et objectifs dans le traitement des dossiers des candidats à la CENI, en vérifiant particulièrement la conformité aux articles 10 et 12 de la loi portant organisation et fonctionnement de la CENI. Nous invitons le Président de la République Chef de l’Etat, à jouer son rôle du Garant du bon fonctionnement des Institutions et de la cohésion nationale afin d’assurer à la nation, des élections crédibles, inclusives, et apaisées en 2023 », a recommandé la coalition des deux plateformes des confessions religieuses catholique et protestante, rendu par l’Abbé Donatien Shole, Secrétaire général de la CENCO.

La coalition de deux confessions religieuses, catholique et protestante, membres de la plate-forme ont fait remarquer qu’après ce qu’elles considèrent des échecs de trois précédents cycles électoraux, elles avaient pris l’engagement, d’éviter les erreurs du passé : « c’est dans cette perspective que la CENCO et l’ECC se sont engagés dans le présent processus », ont-elles martelé.

Elles ont également rappelé qu’un rapport dûment signé par les 8 confessions religieuses, faisant état d’un manque de consensus, et les conditions pour le vote conformément à l’article 17 de leur charte n’étaient pas réunies.

La CENCO et l’ECC ont dévoilé les causes du non consensus ressortant de tous les travaux des plénières précédentes. Il s’agit de la candidature controversée de Denis Kadima supposé être proche du pouvoir, ce qui remet en cause sa neutralité dans l’arbitrage des élections de 2023 à venir.

« Le principal point de divergence est l’appréciation de la candidature de Monsieur Kadima Denis sur fond de l’article 12 alinéa 1 de la loi sur la CENI et de l’article 8 de notre charte. En effet, pour le Présidium, le choix intéressé par les 8 confessions religieuses a été entaché à des irrégularités et des griefs importants notamment des menaces, pressions, intimidations, tentatives de corruption. Ces éléments suffisent pour démontrer que le candidat est porté par une famille politique mettant ainsi en cause sa crédibilité et son indépendance. Ce qui n’a pas permis d’évoluer avec lui, jusqu’au vote conformément à l’article 17 de la charte. Par contre, les 6 confessions religieuses relativisent les faits et les preuves. Et ne considère que la compétence technique du candidat et il convient pour eux de passer directement au vote », ont révélé la CENCO et l’ECC.

Dans la perspective des voies des solutions préconisées par l’église catholique et protestante représentée par leurs structures en matière électorale, le Présidium de la plateforme confessions religieuses qu’elles assurent, avait alors pris plusieurs contacts selon elles, ainsi à plusieurs niveaux, dans le but notamment de se retrouver autour d’une même table, avec les 6 autres confessions religieuses, afin d’évoluer sur base d’autres candidats, tout aussi valable selon elles, que de rester figé sur ce qui nous divise.

« Malheureusement, en dépit des garanties de bonne foi, que nous avions donné de ne pas présenter un quelconque candidat, nous avons été butés à un refus catégorique de la part des autres confessions religieuses. Pour elles, c’est le candidat Kadima ou rien », a rapporté avec désolation la CENCO et l’ECC.

L’Abbé Donatien Shole a révélé aussi que le Chef de l’Etat congolais Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo avait rencontré séparément le Cardinal Fridolin Ambongo, et le Révérend André Bokundowa, et ils ont échangé sur le sujet, et une lueur d’espoir de solution, naissait pourtant de ces entretiens.

Mais le blocage persistait toujours sur terrain avec les 6 autres Chefs de confessions religieuses, et la CENCO et l’ECC avaient alors à leur niveau aussi sollicité une audience auprès du Président de la République Félix Tshisekedi, question à son niveau d’assumer l’arbitrage lui reconnut par la constitution, de concilier les parties pour le bon fonctionnement des Institutions, mais il leur avait réservé une fin de non-recevoir jusqu’à ce jour.

« Comme les choses n’évoluaient pas sur le terrain, le Présidium a sollicité une audience auprès du Chef de l’Etat conformément aux articles 68 et 69 de la constitution du pays, pour partager avec lui leur préoccupation, et lui donner la primeur de certaines preuves délicates, sur les griefs qui pèsent sur le candidat qui pose problème. Malheureusement, cette audience ne lui a pas été accordé », a regretté la CENCO et l’ECC.

En conclusion, la CENCO et l’ECC ont indiqué que leur engagement dans le processus électoral en cours, n’a qu’un seul objectif, celui de : « Contribuer à la consolidation de la démocratie, par des élections libres, transparentes, inclusives, et apaisé, car le bien-être du peuple congolais en dépend ».

La CENCO et l’ECC promettent de rester disposés à accompagner la nation congolaise, pour gagner le pari des bonnes élections en 2023. Cependant, elles promettent tout de même d’user de : « tous les moyens légaux, civiques, démocratiques, et pastoraux, à leur disposition, pour atteindre cet objectif », à tout prix.

En définitif, la CENCO et l’ECC demandent par ailleurs au peuple congolais, : « d’exercer sa souveraineté, en barrant légalement la route, à toute tentative de prendre en otage, le processus électoral "par qui que ce soit" », ont-ils souligné.

La Rédaction

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