RDC-Crise au niveau de l’enseignement : La Synergie des Enseignants du Congo décide de porter plainte contre le Ministre de l’EPST Tony Mwaba


12 octobre 2021

La Synergie des Syndicats des Enseignants du Congo dénonce ce qu’elle qualifie des graves violations par le Gouvernement de la République Démocratique du Congo à travers son Ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire, et Technique (EPST), des 3 principaux droits fondamentaux des enseignants et des élèves, pourtant garantis par la constitution notamment ; les droits à l’éducation ; les droits à un salaire décent et équitable ; ainsi que les droits des grèves. De ce fait, la coalition de ces syndicats des enseignants de la République Démocratique du Congo a décidé de porter plainte contre le Ministre Tony Mwaba auprès du Procureur général près la cour de cassation. Ces syndicalistes l’ont fait savoir mardi 12 octobre 2021 au cours d’une tribune devant   offerte par la Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV).

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Jean-Bosco Puna, Président du SYNECAT évoque en premier lieu la violation des droits à l’éducation par le Gouvernement de la République.

« Le premier droit violé, c’est les droits à l’éducation. Aujourd’hui, le droit à l’éducation est violé, pourtant ce droit est garanti à son article 43 qui fait obligation à l’Etat de pouvoir accorder une éducation de qualité à chaque enfant en âge de scolarité. La gratuité est arrivée, mais deux ans après, nous nous rendons compte que la qualité ne rime pas avec cette gratuité. D’où, l’interpellation de la Synergie des Enseignants la RDC à l’endroit des autorités de la République. Le droit de l’éducation est violé par rapport à la constitution de la République mais aussi à la convention relative aux droits de l’enfant qui fait obligation aux parties, notamment à la partie employeur c’est-à-dire la partie étatique de pouvoir protéger l’enfant. Il y a également la déclaration universelle des droits humains qui est violée, en ce que la déclaration consacre l’éducation comme droit fondamental. Aujourd’hui, nos enfants, nos jeunes ne savent pas aller à l’école, nous pensons que le Gouvernement, les autorités doivent se préoccuper de cette question pour que finalement les élèves retrouvent la sérénité, retrouvent le chemin de l’école », a regretté Jean-Bosco Puna.

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Le porte étendard des syndicats des enseignants des écoles catholiques a également expliqué la manière dont les droits au travail est également violé par le Gouvernement Sama Lukonde.

« Le deuxième droit qui est violé, c’est les droits relatifs au travail, et à un salaire équitable et décent. Eh bien, la déclaration universelle des droits humains, consacre les droits au travail, et aussi les droits à un salaire décent. Mais lorsque vous compulsez notre constitution par rapport à l’article 36 de la constitution, il est clairement dit que le droit au travail est un devoir sacré pour chaque congolais. L’Etat garantit les droits au travail, la protection contre le chômage, et une rémunération équitable et satisfaisante assurant aux travailleurs donc à l’enseignant, ainsi qu’à sa famille, une existence commune conforme à la dignité humaine. Mais vous allez comprendre chers amis, ce droit est systématiquement violé, parce que le salaire qui est alloué à l’enseignant aujourd’hui, non seulement, il est discriminatoire, mais c’est un salaire qui n’est pas décent. Aujourd’hui et encore, lorsque le Gouvernement convoque les travaux de la Commission paritaire, le Gouvernement supplée, ajoute 20 000FC, vous comprenez qu’avec cet ajout, aucun enseignant ne peut être capable de pouvoir prendre correctement en charge sa famille. Donc, c’est un droit qui est superbement violé et l’occasion nous ai accordé à travers cette tribune que la Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme nous offre, pour interpeller une fois de plus ces décadaires qui s’accaparent de prêt de 80% de tous les revenus de notre budget, laissant les miettes aux agents et fonctionnaires de l’Etat aux enseignants », a dénoncé Jean-Bosco Puna.

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Le Président du SYNECAT a évoqué aussi la violation du droit des grèves par l’autorité de tutelle du secteur de l’enseignement.

« Enfin nous terminons par le droit des grèves. Le droit des grèves est violé. L’article 39 consacre le droit des grèves en République Démocratique du Congo. Je veux coupler avec l’article 38 qui consacre la liberté syndicale. Aujourd’hui dans des écoles, vous allez consacrer que les enseignants sont brimés, sont menacés, on leur dit même d’appartenir à d’autres syndicats au moment où, eux ont fait le choix d’appartenir aux différents syndicats notamment les SYNECAT, notamment le SYNET, notamment la force agissante et centrale congolaise du travail, les enseignants ont fait le choix d’être dans ces regroupements pertinents qui défendent véritablement les intérêts socioprofessionnels des membres. Malheureusement, l’article 38 qui consacre cette liberté est violé par le Ministre de l’EPST, et donc par le Gouvernement congolais. Que dire des droits de grève ? Tout à l’heure le Directeur exécutif de la Voix de Sans Voix pour le Droits de l’homme a parlé de la désactivation, mais nous n’avons jamais vécu ces choses. Comment comprendre qu’un enseignant qui travaille, et qui, lorsqu’il est lésé, dans ses droits cesse de travailler. Qu’on puisse le désactiver. Qu’on puisse lui priver, et du travail, et du salaire. Nous pensons que ce droit qui est violé mérite que les autorités puissent corriger », s’est plaint Jean-Bosco Puna.

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Et au regard de tous ces griefs reprochés au Gouvernement à travers son Ministre du secteur, le SYNECAT ont décidé de porter plainte contre Tony Mwaba aux instances judiciaires nationales et internationales. 

« Alors pour terminer, pour toutes ces violations des droits fondamentaux de l’Homme, et vous suivez à travers les provinces, qu’il y a une tension forte. Nous avons décidé au niveau de la Synergie de pouvoir porter plainte d’abord au niveau interne, c’est-à-dire au niveau national. Et cette plainte sera déposée auprès du Procureur général près la Cour cassation, à partir de ce jeudi, notre avocat conseil avec tout son collectif ils ont déjà élaboré cette plainte, et la plainte sera bel et bien déposée à qui des droits. Et cette plainte sera aussi portée un peu plus haut. Et au niveau international, au Bureau international du Travail, et nous allons également saisir le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’Homme, et pourquoi pas la Commission nationale des droits de l’Homme ici à Kinshasa. Autant donc d’institutions qui seront donc saisies pour que les enseignants puissent obtenir gain de cause », a révélé Jean-Bosco Puna Président du SYNECAT, avant d’insister de faire remarquer qu’il sera très difficile pour eux de reprendre le travail.

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De son côté, la Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme qui se dit vivement préoccupée par la violation des Droits Économiques et Sociaux de plusieurs enseignants et ce, consécutivement à l’observation du mouvement de grève lancé, le 25 septembre 2021 par plusieurs syndicats de la RDC, a exhorté le Gouvernement à dialoguer avec ses employés particulièrement les enseignants,  pour que des solutions idoines durables et de réactiver le fichier de paie des enseignants désactivés pour observance de la grève.

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« En définitive, la VSV demande au Ministre de l’Enseignement Primaire, secondaire et Professionnel de respecter le droit des enseignants à la grève en dialoguant avec leurs syndicats et d’intervenir pour la levée de la mesure de désactivation du fichier de paie des enseignants du collège Boboto et du Lycée Bosangani », a sollicité Rostin Manketa, Directeur Exécutif de la VSV.

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Il sied d’indiquer que cette synergie des syndicats du Congo était composée notamment du Syndicat National des Enseignants des Écoles Conventionnées Catholiques (SYNECAT).

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La Rédaction

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