RDC-Justice : Commémoration sans précédent le 1er juin 2021, du 11ème anniversaire du double assassinat des Floribert Chebeya et  Fidèle  Bazana de la VSV


02 juin 2021

La Voix de Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV), a commémoré le 11ème anniversaire depuis le double assassinat de ses deux défenseurs des droits humains Floribert Chebeya Bahizire, fondateur de cette organisation de droits humains, et de son chauffeur Fidèle Bazana Edadi, le 1er juin 2021, jour marquant l’événement tragique de leur assassinat en 2010 à Kinshasa. Trois grandes étapes ont été organisées à l’occasion, dont le recueillement avec dépôt des gerbes de fleurs devant la dépouille de Floribert Chebeya, au cimetière Benseke-Futi, où quelques mots de circonstance ont été dits par les membres des familles de ces deux illustres disparus précipitamment, et par la VSV, par l’entremise de son Directeur exécutif Rostin Manketa, y compris par les activistes des droits humains d’autres organisations des droits de l’homme.

Dans son mot de circonstance, la VSV a dévoilé et relayé le contenu de son mémorandum adressé à la veille de cette commémoration, au Président de la République Démocratique du Congo Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Dans ce mémo, la Voix de Sans Voix pour les Droits de l’Homme a demandé l’implication personnelle de Félix Tshisekedi, en sa qualité du magistrat suprême, pour que soit ouvert le procès de ce double assassinat que la VSV considère d’un crime d’Etat.

« Les parties civiles et les organisations de promotion et défense des droits de l’homme nationales et internationales, sollicitent l’implication personnelle de son excellence Monsieur le Président de la République en qualité de magistrat suprême, pour une réouverture rapide du procès, pour rendre justice à ces deux défenseurs des droits de l’homme », a lu Ronstin Manketa, le contenu de leur mémo, avant d’ajouter dans un autre paragraphe : « Excellence Monsieur le Président de la République, la VSV, les autres parties civiles et les ONG de défense des droits de l’homme, souhaitent et veulent ardemment votre implication, pour donner cette impulsion en faveur de la lutte contre l’impunité ».

La VSV a rappelé que l’implication du Président de la République qu’elle sollicite, ne viole en rien le principe sacro-saint de la séparation des pouvoirs.

« Votre qualité de magistrat suprême qui ne viole nullement le principe de la séparation des pouvoirs, peut aider et contribuer à instruire les autorités compétentes pour ; la réouverture urgente et rapide, par l’auditorat générale ou la haute cour militaire, du procès sur l’assassinat de Floribert Chebeya Bahizire et  Fidèle Bazana Edadi, avec ou sans le Général John Numbi, pouvant être jugé par contumace ; la poursuite de la sécurisation du lieu où aurait été enterré Fidèle Bazana Edadi ; la fixation de la date pour la réouverture du procès, afin que tous les responsables de ce double assassinat répondent de leurs actes, à l’issue d’un procès juste et équitable, aux fins de lutter effectivement contre l’impunité, et de donner un signal fort de la fin des régimes des intouchables en République Démocratique du Congo », a déclaré Rostin Manketa, Directeur exécutif de la VSV qui a rapporté le contenu de leur mémorandum envoyé au Chef de l’Etat.

La VSV croit également que la réouverture de ce procès pourrait sonner comme un grand déclic dans la lutte contre l’impunité des crimes touchant les défenseurs des droits de l’homme, et les activistes pro-démocratie.

Malgré quelques révélations faites récemment dans les médias par des exécutants fugitifs de ce double assassinat depuis l’étranger, la VSV s’est dit inquiète au vu de la lenteur de l’évolution du dossier dans la manifestation de la vraie vérité.

« Nous savons qu’il y a eu quelques avancés depuis quelques semaines, avec des révélations qui ont été faites par des policiers qui ont participé à l’assassinat de deux défenseurs des droits humains. Mais nous disons, malgré ces quelques avancées enregistrées, nous sommes toutefois inquiets, et commençons à avoir des craintes sur l’aboutissement heureux de ce procès, dont la date de la réouverture n’est toujours pas fixée », a déploré le Directeur exécutif de la VSV.

Un autre commanditaire cité à plusieurs reprises dans ces assassinats par deux témoins policiers clés, entre autres Paul Mwilambwe et Erick Kibumbe Banza, qui auraient exécuté l’ordre venant de leur hiérarchie, d’assassiner les deux feux activistes de défense des droits. Il s’agit du Général de la police John Numbi, l’ancien chef de la police nationale congolaise. Ce grand suspect est en fuite vers l’étranger à une destination inconnue. Il est recherché par la justice congolaise pour s’expliquer sur son implication dans l’affaire Chebeya. Il est désormais sous le coup d’un mandat d’arrêt. Malgré sa fuite, la VSV demande en priorité la réouverture du procès avec ou en l’absence de ce fugitif de grand chemin.

« Nous pensons que, la lâche fuite du Général John Numbi Banza Tambo, ne peut nullement constituer un obstacle à la réouverture du procès. Le plus important étant entre autres, le fait pour le Général John Numbi d’être reconnu comme prévenu, et non comme simple renseignant », a précisé la VSV.

La VSV craint pour la vie de deux témoins clés en cabale à l’étranger soit en danger, étant donné que John Numbi également est en fuite en dehors du pays, certainement pour chercher comment éliminer ces deux témoins et effacer les traces pour que lumière ne soit pas faite.

« La Voix de Sans Voix pour les Droits de l’homme et les autres parties civiles, et les ONGDH nationales et internationales, craignent qu’avec la récente fuite, surprenante, incroyable, et apparemment organisée et planifiée du Général John Numbi pour échapper à la justice congolaise, que des moyens financiers importants soient mis à contributions par les animateurs de l’ancien régime dont le Général John Numbi lui-même, pour que des policiers ayant faits des révélations soient traqués et tués même en dehors de la République Démocratique du Congo, ou que ceux qui ont été arrêtés et actuellement en détention à Kinshasa, puissent être exfiltrés de leurs cellules, pour prendre des destinations inconnues, ou qu’ils puissent mourir ou pousser au suicide dans leur lieu de détention en vue d’effacer les traces, et ainsi étouffer toutes manifestations de la vérité dans cette affaire crime d’Etat », redoute la VSV.

Pour rappel, les activistes de droits humains d’autres organisations des droits de l’homme étaient également présents à ces cérémonies commémoratives. Dans leurs mots de circonstance au cimetière, Paul Nsapu et Christopher Ngoy souhaitent quasiment la même chose : la réouverture du procès afin que lumière soit faite et que les auteurs de ces assassinats répondent de leurs actes.

Et même les familles de Floribert Chebeya et de  Fidèle Bazana ont les mêmes attentes : que la véritable justice soit faite. En plus de cela, la famille de  Fidèle Bazana dont le corps n’a jamais été retrouvé jusqu’à ce jour, demande que soit sécurisé l’endroit où la dépouille de leur frère aurait été inhumé, car selon les aveux de deux policiers fugitifs qui affirment avoir participé à l’exécution des défenseurs des droits de l’homme, la dépouille de Fidèle Bazana Edadi a été enterrée dans une concession à l’ouest de Kinshasa, sur la route du Kongo central.

Par ailleurs, la deuxième étape de l’organisation commémorative du 11ème anniversaire du double assassinat de deux défenseurs des droits humains œuvrant au sein de la VSV à l’époque, était la projection du documentaire de l’affaire du procès des feux Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, dans la salle de conférence de la paroisse catholique Fatima, devant plusieurs spectateurs.

Enfin, la troisième étape était une messe d’action de grâce organisée en mémoire de ces deux illustres tragiquement et précipitamment disparus, toujours à la même paroisse catholique située dans la commune de la Gombe. 

La Rédaction

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